Jour 5~De Pionner Mail Picnic Site à Rodriguez Canyon

25 km 540 D+ 1050 D- durée 7 h 30 Après une nuit tranquille, au chaud, nous déjeunons au Pine House. Il a fait froid cette nuit et l’ambiance au sortir du restaurant est encore bien hivernale. Il n’a pas neigé, par contre celle-ci commençant à fondre les conditions de marche sont humide. Nous espérons que la descente du Mt Laguna sur ces contreforts vers le désert va permettre une randonnée plus agréable. Après une séance de stop rapide, nous sommes de retour à notre point de sortie du chemin, la veille.  La journée sera longue, en flanc de moyennes montagnes principalement. Nous continuons à longer les pentes est du Mt Laguna qui surplombe toujours le désert en contrebas. La végétation est une alternance de forêts de pins sur les hauteurs et de buissons dans les zones ou d’anciens feux ont laissé les arbres blanchis, leurs branches dessinant un tableau surréaliste dans le ciel. Ils émergent çà et là, fantômes d’un passé récent. Ces feux ont ouvert de vues sur le lointain. Les perspectives sont toutes plus étonnantes les unes que les autres, comme cette incroyable vue éphémère sur la Laguna Salada au Mexique, immense plaine avec un lac au reflet vert, bleu qui se confond avec l’horizon. Nous croisons les hikers de la veille qui ont dormi dehors. À les voir sécher tentes, duvets, vêtements et entendre une longue litanie de qualificatifs évocateurs, « freezy, cold, wet » en boucle, pas de regrets pour notre nuit au chaud. On devine à leurs visages marqués, et cernés que leurs nuits a dû être pénibles. Nous restons solidaires. Nous ne nous vantons pas trop de notre sommeil bien confortable. Il est de ces moments ou être discret est une qualité. Encore merci à Puma et Pusher pour cette « filouterie » du retour en arrière. Il est souvent évoqué le « Trail provides » par beaucoup de PCTiste. Ils auront été ce « trail provides », juste là au bon moment, avec ce qu’il fallait de conviction pour nous apprendre à être « opportuniste ». Le PCT est étonnant, il se faufile sur tous les flancs de collines possibles. Comme si l’objectif était de randonner un maximum de tours, et de détours. On sent bien qu’il faut rester concentré, à savoir, avancer et toujours avancer. Pas si simple quand on voit le PCT au loin, en face, au-dessous de nous, prendre le temps de nous user, de nous faire revenir sur nos pas, de nous faire tourner, encore et encore. À n’apercevoir que la même ligne de niveau pendant des kilomètres, une certaine impatience gagne. Clairement, on n’est pas dans les Alpes. Par contre, nous sommes chanceux. Les fleurs du désert sont en train d’arriver et nous aurons probablement droit à un « super bloom », explosions de couleurs ardemment attendues par les locaux. Pour le moment, nous profitons déjà des nombreuses fleurs inconnues, qui émergent de la neige. Les yuccas sont saupoudrés de blanc, étonnant mélange d’hiver et d’été en même temps.  Le soir, nous sommes plusieurs tentes au même endroit. L’ambiance est conviviale, certains racontant leurs mésaventures de la veille, espérant que cela sera vite oublié. Nous nous installons sur un emplacement avec vue sur le désert au loin. Sympa. Il est aussi discuté stratégie. Il est annoncé une prochaine tempête dans quelques jours et plusieurs choix s’offrent à nous. Attendre et se réfugier en ville dans un hôtel, afin de ne pas être 24 h 00 sous tente dans la neige. Ou, autre option, sur proposition de Pusher et Puma, louer une collocation vers Ranchita Bodega, à quelques kilomètres de Warner Springs, notre future destination. Nous aviserons au fil de l’eau. C’est une vraie difficulté ces tempêtes tardives, mais c’est la vie du Trail.  Go to the North.  J6 J5 Les collines du Mt Laguna J5 Vue sur le désert J5 Vers l’Est J5 Buissons brulés J5 Le PCT, vers le nord J5 Repas du soir J5 Rhus ovata S.WatsonC J3 One step back Désert du Mojave One step forward

Jour 4~De Mt Laguna à Pionner Mail Picnic Site

16 km 380D+ 600 D- durée 4 h 30 Nous démarrons au matin vers 9 h 00, dans une ambiance qui reste féerique. Il a peu neigé cette nuit, par contre il a fait froid et la neige de la veille n’a pas fondu. Nous nous dirigeons vers le Laguna Mountain Visitor Center où nous faisons notre ravitaillement pour les 4 prochains jours. Nous sommes encore à tâtonner sur les choix de nourriture. Cela ne devrait pas durer, du moins nous l’espérons. Nous quittons Mt Laguna vers 11 h 30. La marche n’est pas désagréable et les paysages commencent à s’ouvrir sur le désert du Mojave et cela semble magnifique pour le peu de déserts que nous apercevons. Nous décidons aussi de rester en groupe. Il nous a été déconseillé de randonner seul, des pumas (lion mountain) ayant été aperçus à plusieurs reprises ces derniers jours. Nous progressons sur un chemin enneigé toute la journée, le long de Stephenson, Garnet et Monument Peak, qui surplombe à l’est l’immense vallée de Mc Cain, 1000 m en contrebas. D’agréable au début, cela deviendra franchement pénible dans l’après-midi. Un blizzard et un vent de face constant ne nous permettront pas d’apprécier totalement la marche. Fatigant et glaçant. La température ne dépassera à aucun moment les 4 °C. Le soir, à l’arrivée au Camp site où nous avions prévu de dormir vers 1800 m d’altitude, nous sommes rassurés, il n’y a pas de neige au sol… Cool ! Par contre les températures ont encore baissé et on devine que la nuit va être fraîche. C’est alors qu’un couple de « thru hikers », répondant aux « trails Name » de Puma et Pusher et ayant déjà randonnée l’Appalachian Trail, soit plus de 3000 km, nous propose de faire du stop jusqu’à notre point de départ et ainsi retourner au chaud au Pine House. Cette suggestion nous plaît beaucoup. Nous voilà donc à cinq au bord de la Sunrise Highway qui est à une centaine de mètres de nous. Et aussi incroyable que cela puisse paraître, à peine 10 minutes plus tard, un pick-up s’arrête malgré l’heure tardive. Il n’y a pas la place pour le groupe dans le véhicule, mais le conducteur nous propose de nous installer dans la benne. Aussitôt dit, aussitôt fait. Voilà tout ce beau monde plein vent par 80 km/h par 2 °C. Rafraîchissant. Moment extraordinaire s’il en est. De retour au Pine House à Mt Laguna, le patron rigole franchement de notre « trail back » et il nous offrira bière et champagne pour fêter cela. Régis, le Belge qui randonne avec nous depuis le début continue à vider son sac, car dixit l’intéressé, « il porte lourd ». En fait son sac est déjà hyper light, mais comme il teste un modèle de sa propre conception et il reste encore un peu de travail pour que celui-ci soit confortable. Sinon nous croisons le soir trois hikers en mode « machine ». Ils ont fait en deux jours ce que nous avons fait en quatre. Espérons pour eux qu’ils ne blesseront pas.   En pratique ce retour en arrière est plutôt bienvenu. Il permet de se projeter au calme sur les quatre prochains jours. Nous n’aurons peut-être pas à faire le détour par la ville de Julian dans deux  jours et nous pourrions filer vers la ville de Warner Springs avant la future tempête de neige. Nous commençons à prendre nos marques. Go to the North. J5   J4 Mt Laguna in the morning J4 PCT and the snow J4 Snow everywhere J4 Yucca J4 Mc Cain Valley J4 PCT Hikers J4 Scenic Lookout 2 J4 Scenic lookout J4 By the fire place J4 Au pine House J4 One step back Désert du Mojave One step forward

Jour 3~De Boulder Oaks à Mt Laguna

25 km 1200 D+ 400 D- durée 7 h 30 Aujourd’hui nous partons plus tôt. Nous commençons à marcher à 7 h 30. L’objectif du jour est d’aller jusqu’au village de Mt Laguna ou nous avons prévu de dormir et faire le ravitaillement. Nous espérons surtout arriver avant la neige. Le démarrage se fait sans difficulté, la tente est pliée en 30 min. Nous sommes déjà bien organisés et les nombreuses randonnées des années précédentes y sont probablement pour beaucoup. Heureusement, nos paquetages sont au sec avant le début d’une petite bruine bien bretonne. La journée risque d’être longue. Le temps est vraiment chargé, et les nuages bas sont omniprésents. Les sommets environnants sont invisibles. Tant pis, on va positiver, au moins nous n’aurons pas chaud. Certains auront ici 35 °C, voire 40 °C dans un mois. Nous progressons tranquillement sur les flancs de Kitchen Benchmark, le long de Kitchen Creek, la pluie est bien là, mais peu gênante et éparse. Toutefois, vers 11 h 00 il se met à pleuvoir de façon bien plus drue, et en quantité. Le chemin devient alors un immonde ruisseau de boue peu agréable à marcher. Pas grave, on connaît et on a prévu le coup, chaussettes étanches au pied, nous continuons à avancer. Les vêtements étanches sont conçus pour ça. Sauf que, durée de l’averse faisant, nous finissons quand même par être mouillés, la loose.  Associés à l’arrivée de la neige en mode gros flocons du fait de la montée en altitude vers le mont Laguna, nous commençons à avoir froid. Nous y voilà donc sur ce fameux PCT, « rattle snake » il y a 2 jours et maintenant tempête de neige. Il est temps de finir cette journée. Le soir, nous arrivons dans une ambiance de station de ski au village du mont Laguna. Nous ne sommes pas très nombreux dehors et la progression dans 10 cm de poudreuse est féerique, seul au monde, sans trace sur le PCT. Nous trouvons refuge dans le restaurant Pine House, tenu par un couple de Français depuis 5 ans, où sont déjà installés des hikers en détresse. Nous y rencontrons trois autres Français, dont deux Bretons, dont une proche voisine quimpéroise. Trop fort. C’est presque franco-français ce PCT. En fin de soirée, nous serons plus de trente, à même le sol, le couchage s’organisant dans la salle commune où les tables du restaurant sont déplacées. L’ambiance est à la grande colonie « de vacances ». Vive la randonnée. Le moral est bon. Sinon, les locaux ont toujours des accents bien laborieux à comprendre. Demain nous poursuivons notre avancée. Par contre nombreux sont les hikers à faire un arrêt prolongé au Pine House pour rester à l’abri du mauvais temps. Certains y séjourneront une semaine. Nous on va au Canada, donc… keep going.  J4 J3 Boulder Oaks J3 South California J3 Bad weather J3 Pine House at Mt Laguna J3 One step back Désert du Mojave One step forward

Los Angeles

Premier jour Nous allons rester tranquilles pour effacer les effets du Jetlag. Ce sera visite du front de mer. Première sensation étonnante, 3,8 millions d’habitants est nous sommes seuls à marcher dans le quartier résidentiel au-dessus de Manhattan Beach. Nous avions bien eu l’information que L.A. est 12 fois plus grande que Paris, mais rencontrer à peine 2 à 3 coureurs est… surprenant. La ville n’existe que, par et pour les voitures. A l’Américaine s’il en est, alternance de gros pick up, de modéles électriques, mais aussi de très, trop nombreux coupés, BMW, Ferrari, Corvette, Audi, Porsche. Le quartier est richissime. À l’inverse sur les derniers 100 mètres les rues deviennent piétonnes, bordées de jardins ouverts, à la végétation luxuriante. Nous voilà plus sereins et réconciliés avec la ville. Un vrai moment de découverte, ou les bougainvilliers, cactus, citronniers de L.A sont omniprésents. Par contre, les maisons sont démesurées. Nous avons de nouveau cette perception d’être dans un quartier résidentiel riche. Certaines demeures dépassent aisément les 1000 m2. Tout est immense, les distances, le paraître des habitants, mais aussi le faire disparaître et la suppression des trottoirs étonne les Français que nous sommes. Sachant que notre plus grande surprise sera la quasi-absence… de passages pour piétons. Traversée sportive garantie. Nous découvrons L.A. ville où la voiture est l’outil obligé de l’évolution humaine. On n’est pas près de sortir des énergies fossiles pour compenser nos limites de bipèdes. Étant volontairement à contrepied de la mégalopole nous profitons des points de vue sympathiques en nous dirigeant vers  the place to be , à savoir Manhattan Beach. Le quartier est magnifique, des rues en pente, qui finissent sur une plage plein ouest sur l’océan Pacifique. Les architectures sont bariolées, témoignage d’un temps où la Californie était mexicaine, mais construction au style victorien, ou plus local et très moderne. La balade obligée sur les jetées du Roundhouse Aquarium et d’Hermosa Beach Pier nous amène sur les traces de films connus, Point Break, ou les plus récents Oblivion ou LaLa Land. On sent la ville être aussi la ville du Cinéma.   Deuxième jour Nouveau choc. Nous avons décidé de traverser la ville du sud au nord pour aller voir the Griffith Observatory et les si célèbres Hollywood Signs. La visite est courte, mais c’est le point de vue pour essayer de découvrir l’agglomération dans son incroyable immensité. C’est comme dans les livres et les films d’Hollywood, beau et démesuré. Par contre nous avons aussi fait une immersion sans beaucoup de précautions dans l’enfer des « Homeless ». La ligne de métro aérienne A parcourt des kilomètres où la pauvreté, les voitures éventrées, les habitants vivent sur des tas d’immondices, dans la rue, sous les ponts, sur les voies de chemin de fer. C’est un choc, même si nous savions déjà que plus de 55 000 personnes étaient sans domicile. Première fois, aussi que nous croisons autant de zombies sous crack, qui allongés, hagards dans le métro, cachectiques, qui, à peine 20 ans, avancent en faisant des efforts pour donner du sens au réel, les hallucinations étant trop présentes. Nous ne sommes ni rassurés ni menacés, on sent juste que nous ne sommes pas sur la même, sur la bonne planète. Ici c’est celle des drogues dures, de la déchéance, où l’absence de règles apparentes est incompréhensible pour un Européen. Nous n’avons pas fait de photos, par respect. De la pauvreté à la rue, et de la rue à l’enfer du crack, on devine que certains n’ont pas dû être sur le quai approprié à un moment donné. De retour vers l’hôtel, nous avons un nouveau choc. Le restaurant japonais que nous avions repéré le matin semble… trop onéreux. Deux voituriers sur le parking, une compétition de berlines toutes plus chères les unes que les autres, Bentley, Rolls-Royce, etc. Le tout à peine à 1 km des sans-abris. On perçoit vraiment l’art des contrastes et la société est clairement ghettoïsée. « American Dream is dead » chantait un homeless dans le métro. On veut bien le croire. Demain départ San Diego et Campo via le train Amtrak Surfliner. J Los Angeles Un poste de secours J Los Angeles Un Incroyable ponton J Los Angeles Lse rues de Manhattan Beach J Los Angeles Le quartier de Manhattan Beach J Los Angeles Le Pacifique J Los Angeles Hermona Beach Pier J Los Angeles Hélène et les plages de Los Angeles J Los Angeles Citronnier One step down One step more

C’est parti

24 mars 2024 J-4 Ça y est, nous y sommes. Nous nous levons à 4 h 30. La pression est réelle. Étonnamment, ce sont presque les mêmes sensations qu’avant de passer un examen important. L’impression de ne plus rien savoir, d’être poussé à devoir être efficace . Sauf que, c’est juste un simple départ en vacances, et qu’il faut profiter des derniers moments de la civilisation. Bientôt nous serons dans le désert, avec les cactus, en montagnes avec de la neige, à chercher des épiceries pour se ravitailler, des water caches, etc. Par contre le système d’embarquement de French Bee est surprenant, tentative de modernité, mais non aboutie. Les enregistrements sont automatiques et…. défaillants. Ils sont finalement remplacés par des humains bougrement plus efficaces. Le vol parfait. Nous avons suffisamment de place pour étendre les jambes, et nous n’avons pas de regret d’avoir pris les suppléments « confort ». C’est 50 € de plus, mais cela permet d’éviter les escarres et thromboses. Nous faisons connaissance de notre voisin, franco-américain, programmateur IA MidJourney, de retour du ski et de la visite familiale annuelle. Une vie à l’international passionnante. Internet a rétréci la planète. C’est impressionnant, il arrive à travailler en temps réel avec les collègues, qui en Asie, qui en Europe, qui dans la Silicone Valley. Surréaliste ! Nous y sommes, San Francisco international Airport. Nous arrivons au passage des douanes. Le moment est stressant, nous avons entendus tellement de légendes de gens refoulés. Nous apprécions l’incroyable sur contrôle des Américains. On vous laisse juger : 2 heures de contrôle d’accès divers et variés, et 7 présentations de passeport/visa. Des questions sur le contenu de nos sacs, la préparation de ceux-ci, la possibilité de les avoir perdus de vue. Ce sera plus plus simple pour nous, une question sur la raison de notre visa B2, une réponse « We hike the PCT », une deuxième question avec quel argent, une deuxième réponse « We use our time paid off ». Et la, étonnamment, nous changeons de registre avec conseil de faire le PCT nobo pour avoir le soleil dans le dos, et achat de bombes au poivre pour faire fuir, non pas les ours, mais les chiens errants et les cougars. Et il a insisté, « I use it, twice, yes, yes, twice ». Nous voilà dans le bain du PCT, sésame pour passer les douanes facilement, mais aussi pour se faire peur. Demain nous serons à Los Angeles pour digérer le décalage horaire. Nous sommes bien fatigués, les 9 h en moins pique un peu. Nous avons un début d’apparition de troubles cognitifs, de motricité, pas très loin d’une alcoolisation aiguë… mais à jeun. Il es temps de dormir.  J0 Los Angeles J0 La colline d’Hollywood J0 Coucher de soleil sur Los Angeles One step down One step more

Jour 2~De Hauser Creek à Boulder Oaks

18 km 400 D+ 200 D- Durée 7h 30 Aujourd’hui, nous avons prévu de marcher plus tranquillement. L’objectif est de se faire les jambes progressivement. Il serait déraisonnable de se faire des tendinites dès le départ. Le réveil musculaire commence avec les 300 m de montée d’Hauser Creek vers Morena Butte. Au sommet de celle-ci, nous pouvons voir le réservoir d’eau de Morena, qui est bien plein cette année. Le chemin fait vraiment penser à la garrigue du sud de la France, alternance de buissons, de zone sablonneuse, et par moment des cactus pour se rappeler que nous sommes en Californie.  Nous gérons l’hydratation correctement, en étant attentifs au point de ravitaillement sur le parcours. À midi, nous faisons la pause au drugstore de Lake Morena ou je prendrais le sacro-saint hamburger local et Hélène des Frenchs dip, improbable sandwich de bœuf avec un jus de viande. Pas exceptionnel, mais on apprend en testant. Nous en profitons pour acheter ce qui nous manque pour les repas, puis nous filons vers Boulder Oaks, qui sera notre CampSite du soir, en longeant CottonWood Creek. Nous traversons celle-ci sur un tronc d’arbre, en passant sous la route Buckman Spring. Je vais aussi casser mon bâton dans la rivière. Beau démarrage ! Le chemin est vraiment très agréable et surtout très vert. Année faste d’après les locaux. Nous apprécions de ne pas porter 5 l d’eau. C’est même étonnant, beaucoup de petits ruisseaux, de l’herbe partout, il y a de la vie dans ce désert. À l’arrivée sur Boulder Oaks Campground, nous sommes accueillis par la gérante qui nous met dans l’ambiance immédiatement, ce sera camping gratuit. Les PCTistes sont attendus et surtout les bienvenus. Les douches sont absentes, mais il est possible de faire sa toilette au robinet en plein air, à la fraîche. Nous sommes 4 tentes, dont un Triple Crowner. Celui-ci a déjà parcouru l’Appalachian Trail (3500 km) et le Continental Divide Trail (5000 km). Nous percevons que celui a une énorme expérience minimaliste, et qu’il est lui aussi sur un démarrage lent. Cela rassure, ou pas !  La journée de demain s’annonce plus compliquée. La météo prévoit de la pluie pendant 48 h 00 et même de la neige sur le Mount Laguna notre prochaine étape. On nous avait dit qu’il ne pleuvait pas sur le PCT. Visiblement, c’est faux.  Nous verrons bien ce qu’il en sera. Nous sommes équipés pour avancer donc on avance. J3 J2 Lake Morena J2 PCT on the rock J2 Lake Morena Drugstoire J2 Yucca flower J2 On the road J2 Flowers on the PCT J2 CottonWood Creek J2G One step back Désert du Mojave One step forward

Californie du Sud

28 mars 2024 Jour 1 Le grand départ. Est-ce bien raisonnable? Pour le savoir, il va falloir suivre, jour après jour, nos traces dans la poussière, le sable, la neige, la boue… 29 mars 2024 Jour 2 Difficile d'y croire, et pourtant si, on est sur la piste. Optimistes. Ne dit-on pas: le plus difficile est de partir… 30 mars 2024 Jour 3 Bon d'accord, changement d'ambiance. Pluie, neige. Il parait qu'on est là pour ça. Ça aurait quand même pu attendre un peu, non? 2024 Jour 4 Rando dans la neige toute la sainte journée, et le soir le patron offre la tournée 1er avril 2024 Jour 5 Mais qui diable a dessiné ce parcours en boucle et reboucle? Torquemada? 2 avril 2024 Jour 6 Aie, ça pique! Pie au menu. 3 avril 2024 Jour 7 De mieux en mieux les piquants. C'est quoi la suite? 4 avril 2024 Jour 8 Eagle Rock. Promis, demain on chevauche l'aigle! 5 avril 2024 Jour 9 Incroyable, il nous faut continuer à pied. Pas coopératif, l'aigle. On verra avec les vaches… 6 avril 2024 Jour 10 Neige cette nuit mais c'est reparti, objectif San Jacinto! 7 avril 2024 Jour 11 Dis, MGan, c'est quand l'arrivée? 8 avril 2024 Jour 12 Ach, San Jacinto or not? That is the question! 9 avril 2024 Jour 13 Marcher ou ne pas marcher? Telle est la question. Mais quelles seront les réponses du jour? 10 avril 2024 Jour 14 Réponse: tais toi et marche (signé T. Monod) 11 avril 2024 Jour 15 Et aujourd'hui la bonne réponse c'est: "Tais-toi et mange!" 12 avril 2024 Jour 16 Et c'est reparti, même pas peur! Avec mon chapeau "Ho beau" 13 avril 2024 Jour 17 Ah, ça mouille. Mais au moins on est tranquille, pas de serpent à sonnette! 14 avril 2024 Jour 18 Terrible la nuit. On croirait qu'il y a un ours dans la tente… Non, ce n'est qu'MGan. 15 avril 2024 Jour 19 Lever frisquet mais on sent l'écurie locale. Même si elle porte le nom de Big Bear (Grand Ours). 16 avril 2024 Jour 20 Journée tranquille. Ça devient une habitude? Non, paysages somptueux et bivouac au frais. C'est bon pour les neurones. 17 avril 2024 Jour 21 Journée pas tranquille. Journée éprouvante faites de glissades plus ou moins contrôlées et de doutes. Sommes-nous givrés? 18 avril 2024 Jour 22 Ouf! Passage des 300 miles et premier 20 miles dans une journée. Et en prime trempette dans les sources thermales. 18 avril 2024 Jour 23 Fini la neige… encore que le Baden Powell pointe son sommet. Heureusement Winchester, le Trail Angel du jour a préparé les bières. 19 avril 2024 Jour 24 Quand l'ours s'en mêle, la toile de tente paraît bien fine. Et même avec de la biafine, pas sûr qu'il préfère la voisine! 21 avril 2024 Jour 25 Repos. Matelas LN: mort Chaussures: mortes. Punition: courses obligatoires. Vive la civilisation. Promis, encore un peu d'entrainement et on finit pieds nus. 22 avril 2024 Jour 26 Terminé les courses. Matelas OK, chaussures OK, poids, on ne contrôle plus. Et c'est reparti. Attention où mettre les pieds! 23 avril 2024 Jour 27 Direction Wrightwood. PCT très enneigé et approche pénible. Dis, MGan, demain ça ira mieux? 24 avril 2024 Jour 28 Baden Powell. Scout forever? Ça se discute. Ambiance alpinisme, paysages sublimes 25 avril 2024 Jour 29 Baden Powell, pas de regret. Aujourd'hui randonnée plus tranquille dans un paysage de collines plus abordables avec un gros sac à dos. iance alpinisme, paysages sublimes 26 avril 2024 Jour 30 Ambiance "Into the Wild" par vent soutenu et températures glaciales, sur les crètes entre désert de Mojave et plaine de Los Angeles. 27 avril 2024 Jour 31 Descente de 1500 m, un régal pour les genoux. Alternance d'expositions ensoleillées et réfrigérées. Tonique. Un défi pour trouver la bonne tenue. 28 avril 2024 Jour 32 Aujourd'hui, 2 déjeuners et une arrivée dans une oasis, ou presque. De quoi éveiller l'appétit des condors qui surveillent la piste! 29 avril 2024 Jour 33 On a échappé aux condors. Tout va bien. Trail magic au rendez-vous. Mais le soir, corbeaux, crapauds, quel raffut! Le grand calme du "Wild"! 30 avril 2024 Jour 34 On a échappé aux condors, certes, mais pas aux guêpes qui ont lâchement attaqué LN qui ne leur avait rien fait. Rien de grave, au final agréable balade dans la verdure des collines. 1er mai 2024 Jour 35 Aujourd'hui, ça déroule à plusieurs dans une ambiance qui change des galères des récents sommets dans la neige. On sent que la chaleur n'est pas loin et le désert approche. 2 mai 2024 Jour 36 Marche d'approche du désert dans les dernières collines de Angeles Ntl Forest. L'impatience gagne. 3 mai 2024 Jour 37 Arrivée dans le désert du Mojave. Changement radical d'ambiance. Une autre Amérique. Oui mais laquelle? 4 mai 2024 Jour 38 Traversée du désert de Mojave 5 mai 2024 Jour 39 Section nord du Mojave entre froid, vent, neige et tapis de fleurs pour des spectacles à couper le souffle. Combinaison improbable et magnifique. 6 mai 2024 Jour 40 Zero day. Fin de la section Californie du Sud et menu spécial US-FR-CZ à diner. Pour la suite, passer à la case Sierra Nevada. On avance! 27/03/2024Veille de départEn Route pour CampoFebruary 2ExpandedAmazon Prime debutsAliter homines, aliter philosophos loqui putas oportere? Sin aliud quid voles, postea. Mihi enim satis est, ipsis non satis. Negat enim summo bono afferre incrementum diem. Quod ea non occurrentia fingunt, vincunt Aristonem.January 31ExpandedAmazon acquires AudibleLorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit, sed do eiusmod tempor incididunt ut labore et dolore magna aliqua. Ut enim ad minim veniam, quis nostrud exercitation ullamco laboris nisi ut aliquip ex ea commodo consequat.March 30Sub LabelAdd Title HereAdd Description HereMarch 30Sub LabelAdd Title HereAdd Description HereMarch 30Sub LabelAdd Title HereAdd Description HereMarch 30Sub LabelAdd Title HereAdd Description Here

Jour 1~De Campo à Hauser Creek

25 km 700 D + 700 D – Durée 8h00 Ça y est. Nous voilà devant et au pied du Mur, frontière entre le Mexique et les États-Unis. Le monument du PCT, si caractéristique est là, isolé au milieu d’une zone de terre aride. Une demi-heure plus tôt, nous avons quitté CLEEF, où nous avons dormi la veille, marché vers le sud, à rebours et en montée sur le PCT, pour être au départ officiel. Nous ne que sommes 4. Un américain qui démarre solo, et qui ne s’éternisera pas, un bénévole du PCTA qui contrôle nos permis PCT et « Feu » et nous même. Le moment est étrange. Nous sommes peu stressés et surtout incapables d’appréhender ce que sera la suite de l’aventure. Nous avons décidé de randonner comme des « vacanciers ». Le bout du chemin est tellement loin que mieux vaut s’en tenir à notre stratégie : Step by step, Day by Day. On fera le point chaque soir et on s’adaptera. Nous partons dans le bon sens. Quelques jours auparavant un PCTiste un rien stressé et tête en l’air partira à l’envers en longeant la frontière !! Il se verra affublé du TrailName de Wrong Way. Après un démarrage comprenant photos de départ, et dernier regard vers le sud, nous sommes d’emblée dans l’ambiance. Les cactus sont omniprésents, et nous croisons un serpent inoffensif dès le miles 3. Au miles 4, nous franchissons « l’impossible raillroad », The San Diego and Arizona Eastern Railway, voie ferrée abandonnée depuis 2008. Nous sentons aussi, rapidement, qu’il va falloir être têtu. Une chaleur sans vent nous accompagne dans les versants sud et le chemin fait tour et détour. Nous « avançons » peu. Ça va être clairement sportif ET mental ce PCT. Au vingtième kilomètre, nous croisons un deuxième serpent et surtout notre premier (et probablement pas dernier)« rattle snake». C’est énorme, bruyant et franchement antipathique. Dans l’heure qui suivra, Hélène sursautera à plusieurs reprises. Nous sommes très vite « Into the wild », c’est impressionnant et magique. Les corbeaux ou Raven sont “géant”, de taille double de ceux que nous connaissons, et les écureuils sont de la taille d’un poulet. Toutefois, même si le « Squirrel» est magnifique et peu sauvage si vous avez des cacahuètes, on reste dans l’esprit américain du PCT, pas d’incitation de la faune, on passe et on s’en va. Leave no Trace.  Ce soir nous sommes bien fatigués, du fait du poids des sacs, des kilomètres et de l’apprentissage de la gestion de l’eau. Nous avons manqué un ravitaillement, nous obligeant à marcher deux heures sans nous hydrater. Nous devrons être vigilants dans le futur. Au campement ce sera toilette minimum auprès du torrent et premier repas à la frontale. À ne pas répéter trop souvent. Sinon nous sommes avec deux Franco-américains, Gabriel et Micha, et un Belge, régis sur le CampSite. Bravo pour l’immersion dans la rude vie des Américains. Bon ce n’est pas plus mal pour commencer notre Trail Trip. En effet, nous sommes par moment perplexes quand nous discutons avec certains locaux, ils ont des accents à faire saigner les tympans et nous ne comprenons….rien. Demain, direction Lake Morena, puis Mount Laguna dans deux jours.  Go to the North Vers J2 J1 Sunset Camp Lockett CampSite J1 Go to the PCT J1 South PCT Monument J1 The PCT Start J1 Emgan on the Eastern Railway J1 Helen on the Eastern Railway J1 Hacienda del Sol J1 2640 more J1 Campo Pea J1 One step back Désert du Mojave One step forward

Veille de départ~De San Diego à Campo

L’objectif de la journée est simple. Il nous faut rallier le village de Campo et le centre équestre Camp Lockett Event & Equestrian Facility (CLEEF) en partant de Los Angeles via San Diego. Tout d’abord nous prenons le train Amtrak. Il chemine en balcon en lieu et place du sentier côtier pendant 300 kilomètres le long de l’océan Pacifique. Les vues sur le Pacifique et les plages sont magnifiques, et les surfeurs omniprésents pendants les 3 h 00 de trajet. Le SurfLiner porte bien son nom. L’arrivée à San Diego se fait à la gare d’Old Station Center, à côté du centre historique. Pour être historique, c’est même à l’ancienne, petit village d’haciendas mexicaines dans le plus pur style 19e siècle, avec un marché touristique plein de souvenirs mexicains. On adore. Ensuite nous prenons la navette « officiel » de « Trail Angel » qui assure la liaison en minibus entre San Diego à Campo. Nous sommes déçus par la prestation. Celle-ci est hors de prix, 75 dollars, et entre un accueil faussement intéressé, « Qui vient d’où ? », et des recommandations inutiles pour les internationaux, nous ne pouvons que déconseiller !! Quasi pas d’aide. Nous passons beaucoup trop rapidement par le magasin de sport REI,  la poste et une épicerie avec peu, trop peu de choix pour commencer sereinement. Nous arriverons quand même à nous débrouiller, après envoi des colis à Kennedy Meadows South, achat de quelques sachets de nourriture lyophilisée et diverses barres, tortillas. Nous sommes enfin à CLEEF vers 16 h 30. Le démarrage est toutefois un peu à « l’arrache ». Il vaut bien mieux aller sur le site des Trail Angels, les vrais, sur la page Face Book du PCT Southern Terminus Trail Angel et faire une demande quelques jours avant. Bien plus dans l’esprit du PCT.  Nous concernant, « Here WE are », comme disent les locaux, avec un accent à vous décoller les amygdales. L’ambiance est particulière, mélange de stress, d’expériences diverses et de nationalités panachées, américains, européens et asiatiques. Les rares grandes gueules avec du matériel rutilant essaient d’en imposer, alors que les anciens hikers, déjà solides restent plus discrets et plus humbles. Le Hike your own hike n’est pas encore de rigueur et certains regards en disent long sur l’opinion de ceux-ci. On verra bien ou nous serons dans 6 mois. Nous montons notre couchage parmi la dizaine de tentes installées, puis nous allons écouter les conseils des locaux concernant le départ. Un volontaire du PCTA est présent et nous remet le Tag PCT, symbole de notre nouveau statut, PCTiste 2024. Nous en profitons pour signer le PCT Wall. En un mois de nombreuses signatures de randonneurs recouvrent celui-ci.  Nous y sommes presque sur ce PCT. Vers J1   J0 Southern PCT Shuttle J0 Signatures PCT Wall J0 San Diego Old Station Saloon J0 San Diego Old Station Market J0 San Diego Old Station historic park J0 San Diego Mexican Head Skull J0 Painted Wall San Diego J0 Old Station Center J0 Los Angeles Gare Station J0 Camp Lockett USA Flag J0 Camp Lockett tentSite One step back Désert du Mojave One step forward

Moins deux mois

Janvier 2024. Beaucoup de questions, peu de réponses. Est-ce bien intelligent, la cinquantaine révolue, une vie à deux solide, et toujours complice, de se lancer dans une aventure humaine et sportive aussi…démesurée ? Est-ce raisonnable de se penser encore capable d’engager le physique, un pas au-delà de ce que l’on à juste entrevue sur 1 mois de randonnée alpine ? N’est-il pas un rien prétentieux de vouloir s’alimenter exclusivement de ce que les Américains ont à offrir ? Et tant d’autres questions. Alors on lit, on se renseigne. Et on se retrouve avec encore plus de questions, et encore moins de réponses. Ce qui est sur, c’est que tout un chacun, en fonction de sa date de permis et de départ, surveille les conditions météorologiques, les futurs ravitaillements, les points d’eau, les transports, en croisant les doigts et en espérant le mieux. Ethan Gehl N’étant pas différent des autres futurs PCTistes voici les sites et liens pour angoisser encore plus…ou pas. La météorologie, tout d’abord, avec le site Postholer, qui permet d’espérer une année neigeuse ou non, mais aussi ATWeather, permettant de connaitre les conditions météo des CampSites sur le fil du PCT. Les points d’eau, avec le site PCTwater, site collaboratif, offrant un service précieux à de nombreux randonneurs. Les, peut être, futures étapes, avec Craig’s PCT Planner, ou encore mieux l’incroyable tableau excel de Sahib Voyageur, mais aussi l’étonnant document au visuel redoutable de Peter « Chatter » Sjöberg, issu du fil Instagram.   Ajoutez à toutes ces interrogations les obligatoires derniers préparatifs.  Prendre le forfait téléphonie et internet USA-compatible, choisir la bonne assurance, afin d’anticiper un éventuel pépin de type Search and Rescue by Helico, mais aussi de santé. Prendre le temps de lire consciencieusement le site tourdumondiste.com, véritable bible du voyageur. Choisir la banque en ligne pour garantir une sécurité d’usage maximale. Enfin, se décider parmi les nombreux trackers GPS. Nos choix, discutables, sont les suivants: Assurance santé Chapka, comme de nombreux Backpackers, complété de l’assurance Vieux Campeur pour upgrader le montant des recherches « secours héliporté ». Banque en ligne Tracker GPS Bivy, plus cher que d’autres concurents, mais permettant un usage SMS non limité, un tracking précis, et des points météorologiques inclus.   Les billets d’avion étant pris, le départ se fait plus impérieux et plus présent. One step down One step more